On dirait le Sud (4/4) : Le retour

Voici (enfin) le dernier épisode de la série consacrée à mon road trip sur l’Île du Sud, couvrant les jours 20 à 30…


La dernière fois, je vous avais abandonnés au point le plus austral de la Nouvelle-Zélande (ou presque) : Bluff. Nous entamons notre retour vers le nord par une baignade à Curio Bay, célèbre pour sa population de dauphins d’Hector. Espèce menacée — il ne subsiste guère plus de 15 000 individus dans le pays —, ce cétacé est un des plus petits au monde avec une taille adulte de 1,20 mètres. Tandis que nous faisons trempette, nous avons la chance d’être rejoints par une mère et son petit, qui s’amusent à nager en cercle autour de nous.

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Les dauphins n’hésitent pas à s’approcher des baigneurs, pour le plus grand plaisir de ces derniers

Après avoir exploré plusieurs cascades (pour changer !), nous longeons la côté jusqu’à Roaring Bay. La vue est splendide (voir image à la Une), et nous pouvons apercevoir plusieurs phoques dans les eaux turquoises de la baie. Non loin de là vivent également les manchots à œil jaune, une espère rare et endémique dont nous avons la chance de croiser un représentant.

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Le zoom x30 de mon appareil photo s’avère alors un allié indispensable

Le lendemain, nous arrivons dans les environs de Dunedin, sur la péninsule d’Otago. Au milieu de la nature sauvage se trouve, de manière incongrue, l’un des rares châteaux de Nouvelle-Zélande. Construit en 1871 par l’homme d’affaires William Lanarch, Lanarch Castle semble tout droit sorti de la campagne anglaise, la végétation luxuriante de ses jardins mise à part.

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Le château peut être privatisé, pour des réceptions dans un cadre chic et bucolique © Raphaëlle Martinez

Le soir même a lieu un événement astronomique exceptionnel : une super Lune bleue de sang, conjonction extrêmement rare d’une Lune géante, d’une éclipse lunaire, et d’une deuxième pleine Lune en moins d’un mois. Mais de ce phénomène extraordinaire nous ne verrons rien, l’Île du Sud étant alors frappée par un cyclone tropical et des pluies diluviennes. C’est donc sous des trombes d’eaux que nous découvrons Dunedin, réputée pour son architecture mais dont nous ne visiterons que le musée.

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Nous prenons le temps de passer par Baldwin Street, rue résidentielle la plus penchée au monde avec une inclinaison de 35%

Désireux d’échapper au mauvais temps, nous reprenons la route et poussons jusqu’à Oamaru, ville portuaire connue pour sa population de manchots bleus, mais également pour son architecture victorienne qui lui doit la réputation de « capitale du steampunk« .

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Dans le musée consacré à cette « uchronie rétrofuturiste de la vapeur » sont présentées des machines fantaisistes et macabres

Non loin d’Oamaru se trouve également Riverstone Castle, une folie architecturale née de l’imagination d’une grand-mère aux cheveux roses, Dot Smith, qui a dépensé sans compter afin de construire son propre château de conte de fées.

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Le château, dont la construction est presque terminée, possède même son propre lac artificiel

Nous quittons ensuite la côte est direction le Mont Cook. Sur le chemin, nous profitons de la vue splendide qu’offre la Benmore Peninsula sur les lacs environnants. La seule route qui mène au mont longe le Lac Pukaki, remarquable pour sa couleur turquoise — plus proche de celle d’une piscine que de celle d’un lac, et visible par satellite !

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, la photo n’a pas été retouchée © Raphaëlle Martinez

Mais quand nous arrivons au pied d’Aoraki, le ciel se couvre et le vent se lève : comme si ce géant, culminant à plus de 3700 mètres d’altitude, n’appréciait guère les touristes venus troubler sa quiétude. D’après la légende māorie, Aoraki était l’un des fils de Ranginui, le ciel-père. Alors qu’il naviguait avec ses trois frères, leur canoë chavira et le vent glacial les transforma en pierre : le canoë devint l’Île du Sud, sa proue les Marlborough Sounds, et Aoraki et ses frères se changèrent en montagnes.

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Le Mont Cook (Aoraki) disparaît sous les nuages, mais nous pouvons apercevoir les neiges éternelles des Alpes néo-zélandaises.

Mais il est déjà temps pour nous d’entamer le long retour vers Christchurch… Rien de très intéressant sur cette route, si ce n’est une curieuse échoppe vintage, décorée à la façon d’une station essence toute droit venue de la Route 66.  Avant de revenir à notre point de départ, nous faisons un détour par la Banks Peninsula et ses côtes découpées en dizaines d’anses sauvages. S’y trouve également l’étrange village d’Akaroa, fondé par des colons français en 1840. Encore aujourd’hui, l’influence française se fait ressentir : le commissariat se nomme « gendarmerie », les restaurants « brasserie » ou « ratatouille », et les boutiques « pot pourri » ou « quincaillerie ».

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A l’angle de la rue Croix, vous pouvez faire le plein à « L’Essence »…

C’est bien entendu à Christchurch que nous terminons ce périple d’un mois, après avoir parcouru près de 5580 kilomètres. En pleine reconstruction, la ville porte encore les séquelles du tremblement de terre qu’elle a subi il y a 7 ans. En plein centre ville, une installation de l’artiste Peter Majendie — 185 chaises vides peintes en blanc — symbolise les victimes de la catastrophe.

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La Cathédrale, longtemps menacée de démolition, sera finalement préservée ; mais depuis 2011 le bâtiment est resté en l’état et aucune rénovation n’a été mise en œuvre

C’est ainsi que s’achève cette série, à travers laquelle j’espère vous avoir fait vivre — même par procuration — mes aventures sur l’Île du Sud. Mais tandis que j’écris ces mots une autre aventure m’attend déjà, puisque je m’apprête à m’envoler direction l’Australie pour un road trip entre Melbourne et Sydney… A suivre.

South Island


Pour en savoir plus sur moi et mon aventure néo-zélandaise, consultez la page A propos. Vous pouvez également me retrouver sur Twitter et Instagram, ainsi que sur GitHub où je partage mes projets personnels en informatique.

 

 

 

 

 

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